Notre Tour du Monde en 80 jours

01 décembre 2013

30/11 : Paris - Tarbes (800 km en train)

La 80ème et dernière journée a commencé par une vraie grasse mat, suivie d'un formidable déjeuner en famille (au grand complet !) chez Mel et Pierre-Yves, et de 6h de train (je n'ose écrire TGV), dans le même compartiment que Pierre Lepan (!), jusqu'à Tarbes-les-flots, où nous mettons le pied sur le quai à 23h59 (!), en présence d'un comité d'accueil bien sympa : Jean-François, Maryse et Nicolas avec le porc noir et le Champagne, René avec la garbure et le déjeuner de demain (!), et Francis Penalver pour la 'couverture médiatique' ! Après un 'Refuge' tutté de grand coeur, et le Chef de Gare nous ayant annoncé qu'il allait la fermer (la gare), René nous ramène chez nous, et nous découvrons devant la porte un thermos de vin chaud (extra) et une jolie carte de Françoise et Jean-Pierre, et derrière la porte une poche avec saucisson et fromages (mmmm !) ainsi qu'une autre jolie carte de nos voisins Barrère ! Quel retour ! Quel accueil ! Quelle chaleur...dans une maison à 6 degrés !

Et maintenant, devant un grand feu pétillant allumé par Sue, place aux conclusions, préparées d'avance bien sur...

Il est coutume au terme de toute aventure, qu'elle soit littéraire, sportive, ou autre, d'en tirer un premier bilan et de remercier ceux qui l'ont accompagnée ou rendue possible.

Pour ce qui est d'un premier bilan, nous avons, chacun de notre côté, choisi la formule 'les plus et les moins', à charge pour les lecteurs qui les trouveraient trop elliptiques de se reporter à leur mémoire (pour les plus assidus) ou à leur souris (en cliquant sur l'épisode correspondant). Et même si nos 'plus' et nos 'moins' s'accordent le plus souvent, voici donc les miens, ceux de Sue faisant l'objet du message suivant ('My highlights').

Les 'plus' (par ordre chronologique) :
- the architectural boat tour of Chicago
- Mount Rushmore
- First Buffalo Jump in Montana
- David Spinks theatre in Lethbridge
- le petit déjeuner du Narita Excel
- les pins du palais impérial de Tokyo
- le vélo à Kyoto
- le café au 86ème étage du SWFC
- les guerriers en terre cuite de Xi'an
- le match de rugby à Hong Kong
- la balade à vélo dans et autour de Hué
- la Grande Poste de Ho Chi Minh ville
- the Kanchanaburi cemetery + museum
- la traversée du Howrah bridge à pied
- la pension Dekeling à Darjeeling
- le retour à Connaught Circus
- le Skype d'Agra, avec muezzins et kyte
- le film Krrish au cinéma de Jaipur
- le Lac Pichola d'Udaipur
- la promenade à pied autour de Badi
- le YWCA de Mumbai
- les belles montagnes arides d'Oman

Les moins :
- les klaxons indiens
- les tas d'ordures indiens
- mon intox alimentaire de Shanghai
- l'accès de constipation de Sue à Kwae
- l'air pollué des grandes villes d'Asie

Enfin, pour clôturer définitivement cette chronique, nos remerciements vont :
- d'abord à tous les membres de notre famille réunis aux Noés (Loire) l'an dernier pour nos 40 ans de mariage, et dont les généreuses contributions ont déclenché et rendu possible ce Tour du Monde en 80 jours (et 8 pays), avec une mention particulière à Nico pour le prêt de ces deux extraordinaires chemises Lafuma (pub non payée) qu'il avait portées lors du 'trek USAC 2001' effectué avec Céline d'Ushuaia à Anchorage ;
- à nos formidables amis étatsuniens qui nous ont accueillis à bras ouverts, à Boston (Steve & Christine Krom), à Cumberland (Greg & Caroline Sample), â Manitou Beach (Dave & Sandy Rawson), à Seattle (Jim & Kristi Branch-Moore), à Hong-Kong (Evelyn Sample) et à Bangkok (Peter & Margaret Yangchipit-McMillion), sans oublier bien sur la franco-canadienne Anélie Delescluse à Ottawa ;
- à vous tous, parents, alliés, amis, dont les commentaires, messages et pensées nous ont accompagnés, encouragés, amusés, émus..., la palme de la constance et de la fidélité revenant sans aucune hésitation possible à l'amie Zaza, et celle de l'humour, pour qui aime les calembours, à l'ami Raymond !
- à mon extraordinaire épouse, Sue-Sue, pour s'être laissée convaincre par mon idée saugrenue, pour l'avoir ensuite portée avec enthousiasme, et pour avoir eu la patience de me laisser écrire cette chronique 2 à 3 heures par jour...
- à Jules Verne, enfin, qui devait bien se douter, lorsqu'il écrivit son bouquin en 1873, que, beaucoup plus tard, un petit garçon de 10 ans, émerveillé par l'exploit de Phileas Fogg et Passepartout, attendrait d'en avoir pratiquement 70 pour les imiter...

Et une dernière pour la route, une pensée de Lao Tseu (extraite du petit livre prêté par Zaza) : "Marcher bien, c'est marcher sans laisser ni ornière ni trace"... sauf écrite, bien entendu !

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My highlights

Best moments :
- plunging alone into the Friday night hubbub of a Calcutta neighbourhood on arrival in India.
- going through the 'onsen' hot spring ritual with a backdrop of Mt Fuji.

And in general :
- travelling not in splendid comfortable isolation in tourist bus or private car but managing on public transport, finding out and comparing times and choices (often no mean task !) and above all observing and chatting to fellow passengers

- visiting sights not in a group of foreigners with a guide but surrounded by crowds of local people discovering the culture of their country and what it meant for them personally (Mt Rushmore, Mt Fuji, Xian, a Darjeeling temple, the Red Fort, the Taj Mahal....). Excited or emotional couples or whole families coming from afar, sometimes in their best clothes, appropriating the place, and always, always posing for photos from all angles.

- finding ourselves quite by chance in unexpected towns and villages which opened some real windows for us

- staying, not in impersonal interchangable hotels but discovering wonderful youth hostels (Montreal, Shanghai...) and family pensions (Darjeeling, Udaipur)

Most beautiful sights (in random order) :
- dozens of small kites fluttering and looping high above Agra evening rooftops
- the intricate flower inlays in the marble of the Taj Mahal tomb
- sunrise and sunset over the Himalayas at Darjeeling
- manicured Japanese gardens
- the war cemetery at Kanchanaburi (River Kwae) with a lone poppy
- a deserted visit to the tiny island palace of Jagmandir on Udaipur's glassy lake
- barefoot cricket on a dusty scrap of land

... but above all the incredible resilience of the human spirit.

A big thank you to
- family who contributed to our 40th anniversary trip,
- friends in the US and Thailand who opened their houses and set us on the right track
- those who followed our progress, who welcomed us back in Tarbes with heartwarming food and friendship
- and especially to Bernard who overcame my initial objections, and who planned the whole thing so perfectly !

When's the next trip ? !

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29 novembre 2013

29/11 : Muskat - Paris (5600 km par avion, via Bahreïn et Istanbul...)

Pourquoi Istanbul ? Parce que le vol de Turkish Airlines entre Muskat et Paris était le moins cher, avec, il est vrai, une escale à Bahreïn (sans quitter l'appareil) et une correspondance à Istanbul, le tout en partant d'Oman à 3h50 ce matin...

Et nous voilà dans la zone Transfert/Transit de l'aéroport d'Istanbul - que nous avons aperçu sous un beau soleil levant - et attendant notre correspondance en essayant de deviner la nationalité ou au moins la langue de ces milliers de gens qui tournent en rond, et en allant croquer un loukoum en dégustation gratuite dans la zone 'duty free'.

14h05 : dernier atterrissage... A Roissy il fait 9C, temps gris, mais pas vraiment de quoi se plaindre. Taxi jusque chez Monique, puis bus jusqu'à Boulogne, et rentrée au Chesnay dans la voiture de Mélanie vers 18h30.

Fin du 79ème jour.

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28 novembre 2013

28/11 : Muscat (3ème jour)


Bon, ça s'égraine drôlement... Demain 29/11 Paris et Le Chesnay, après-demain 30/11 Tarbes ! Avec une arrivée par le TGV de 23h55 ! Un peu plus et on basculait dans le 81ème jour, et on était changé en citrouilles...

Aujourd'hui excursion à Nizwa, à 150 km de Muscat dans les montagnes. Ancienne capitale du Sultanat, c'est une gigantesque palmeraie, avec en plein milieu un 'vieux' fort, entièrement rebâti il y a deux ans et joliment réaménagé en musée populaire de l'histoire d'Oman. Et du peuple, il y en a, parce que c'est l'anniversaire du Sultan et tout le monde a trois jours de congé.

Et cette présence, voire cette affluence, nous la constatons aussi un peu plus tard lorsque, après être passés chez nous, nous voulons prendre notre dernier  bain en mer d'Oman. "Ya, das ist möglich, nous dit Mic le tôlier, à 1 km d'ici, juste après la première villa sur la droite, vous serez tranquilles". Faut dire qu'ici les gens se baignent habillés, surtout les femmes. Nous voilà partis. Du monde partout. Pas un cm2 d'espace littoral sans une paire d'yeux, au moins. Sur la plage, impossible de trouver une 'fenêtre' pour nous mettre en tenue de bain, que nous portons pourtant sur nous, par dessous nos habits. Après avoir laissé passer, dans un sens ou dans l'autre, 5 voitures (d'énormes 4x4 bourrés de familles), 2 joggeurs et 8 marcheurs, tous des mecs bien sur, nous arrachons nos vêtements et nous ruons dans l'eau, délicieuse mais beaucoup de gros cailloux sous les pieds. Aussitôt dans l'eau, le ballet recommence, avec autant de monde, mais en plus un pickup de la Police (Ca y est, nous allons être arrêtés, manquer notre avion, tout est fichu...) qui passe lentement mais sans s'arrêter, et un 4x4 qui, à l'évidence exprès, roule sur le tas d'habits de Sue. "Oh, le salaud !" s'écrie-t-elle, mais l'Omanais parle peu le français. Profitant d'une accalmie, nous bondissons hors de l'eau (Aïe, les cailloux !) et nous reloquons comme nous pouvons, avant de regagner notre voiture pieds nus, puis notre B&B où nous pouvons nous laver et sécher le tout...

Maintenant, il est 17h30, il ne nous reste plus qu'à attendre 10h pour nous envoler demain matin à 3h30 vers Istambul (avec escale à Bahreïn) puis vers Paris CDG...

Bon, d'accord, l'exotisme c'est terminé, mais le TdM80 continue, et jusqu'au samedi 30/11 minuit moins cinq !

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27/11 : Muscat

Grand calme ce matin sur le front de mer. Même pas entendu le muezzin du lever du soleil. Tiens, un avion qui va atterrir : normal, nous sommes à 9 km seulement de l'aéroport et juste dans l'alignement de la piste.

Deux ou trois types (Indiens, bien sur, ou Yéménites, Pakistanais ou Philippins) en uniforme d'employés municipaux s'occupent de ramasser quelques papiers épars sur la route et la 'plage'. Pas vraiment une plage, d'ailleurs. Plutôt des allures de terrain vague en attente de développement, juste à côté d'un palace relativement récent (The Chedi). Petite activité de pêche - bateaux â fond plat, filets sur le sable, quelques barraquements - derrière les jolis palmiers qui bordent la route.

Petit dej, session wifi (qui remarche), et hop ! nous voilà partis. Nous sommes à une vingtaine de kilomètres du centre-ville proprement dit, via de rapides autoroutes traversant de nombreux quartiers constitués de spacieuses constructions, publiques ou privées, aux allures de palais ou de fortins traditionnels, d'un blanc étincelant sur un fonds de montagnes brunes et pelées, entourées de jardins bien arrosés (palmiers, bougainvillées, hibiscus)... C'est sur, l'Inde est loin avec ses entassements, ses bruits et sa pauvreté : ici, c'est l'espace, le calme et le luxe. Quel contraste ! Si rapide qu'il en est à la fois irréel et brutal.

Muscat (prononcer Mascate bien sur) s'étale sur une longue plaine côtière, la Batinah, entre mer d'Oman (les Anglais disent Arabian sea) et montagnes arides (atteignant 3000m dans le sud), croquant petit à petit l'activité agricole qui l'occupe depuis des siècles. Mais peut être est-ce aussi bien ainsi car la surexploitation de la nappe phréatique provoque une salinisation croissante (le fameux 'biseau salé'). Et il y a 10 ans déjà, ou peut être même un peu plus, j'étais venu ici avec une petite équipe CACG pour former les techniciens du Ministère de l'Agriculture à une irrigation économe et raisonnée... Un peu en vain, semble-t'il ?

Toujours est-il que la capitale s'étend maintenant sur plusieurs centaines de km2, et ce d'autant plus que le parti pris architectural semble être, et c'est tant mieux, de dire non aux gratte-ciel. Corollaire, le 'tout voiture', avec ses avantages (rapidité) et ses inconvénients (distances pour les piétons). Tout cela, bien sur, grâce à un prix du carburant record du monde : 0,24€ le litre !!! Un plein pour moins de10€ !!! Elle est pas belle, la vie !

Alors, de la bagnole, on en a fait aujourd'hui (200 km) pour :
- visiter le 'vieux' port (Mutrah), avec son vieux fort, son vieux 'dhow' (bateau à voile pour le commerce avec l'Afrique - Zanzibar, Dar-es-Salam - et l'Inde), son vieux souk, mais aussi ses moins vieux bateaux de croisière, MacDo et Internet-café ;
- blagué et pris des photos avec une bande d'Indiens venant de débarquer (par avion) pour un contrat de 2 ans (sans retour intermédiaire) ;
- poussé le long de la côte, rocheuse et découpée à cet endroit, jusqu'au palace Al Bustan, favori des grands de ce monde (vedettes et dirigeants, dont Chirac !), où nous réussissons à pénétrer sur la place privée et à nous baigner avant d'être expulsés manu militari...
- quitté la côte pour faire un grand détour et finalement parcourir sur piste tout le trajet d'un oued (Wadi Mayh), puissant et furieux la semaine dernière, aujourd'hui quasi à sec, et dans les flaques duquel de nombreuses familles omani barbotent allègrement ;
- repartir vers l'ouest en suivant cette fois-ci la corniche et la grande plage publique, pleine de monde au coucher du soleil ;
- rentrer chez nous pour une bonne bière (le patron est allemand), un snack indien et un bon repos.

Étonnant Oman, fertile et désertique à la fois ; étonnants Omanais, qui emprisonnent leurs femmes dans des voiles noirs mais portent leurs enfants ; étonnant Sultan Qaboos, finalement plus éclairé que despote...

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27 novembre 2013

On leaving India

We left two days ago, and the contradictions and paradoxes are finally damping (slightly) my love of this place and its people.

Mumbai (Bombay) has shown us more street poverty than Delhi or even Calcutta. Or perhaps I'm just seeing it more clearly.

Here is a country where religion permeates every single moment of people's life, a prayer said at every temple or tiny shrine in passing, time for meditation, rituals for food, dress, relations with others and so on.

But the impression is that all this is to protect or improve oneself, not the world around. Self-fufilment, not concern for one's fellowmen. I may be wrong, we saw very little, but we did see people buying fatty balls and grass to feed to a (holy) cow (good deed), while a pile of rags was invisibly dying on the street just yards away.

This is a country where everyone who can, works hard, long hours, often for little reward, whether in his own shop, in the fields, at home, for employer or state. Could it be that this inbuilt (or inevitable...) work ethic somehow affects their attitude to the destitute? The mythical great fortunes of industry or Bollywood only serve to encourage the desire to earn more and more.

Another paradox, the permanent juxtaposition of beauty and filth. Beautiful fresh flowers are bought and laid on shrines each day. Hardly a foot away, plastic rubbish, urine, rotting food waste foul the air. Same situation within the gardens of the delicate Taj Mahal and down the slopes of Darjeeling, with it's manicured tea gardens. The obsession with purity (food, conduct) stops just outside one's private space.

Ecology, saving water, electricity, doing the necessary to improve air quality, providing sanitation and sewage networks... these gigantic scale projects must come soon before the place chokes to death. Surely they're feasible in a place which can send a rocket to Mars.

Another mystery: the so-called greatest democracy in the world is riddled with corruption, incapable of changing mentalities concerning the caste system.
One of first countries to give votes to women, to have had a woman prime minister, women doctors and professionals, has neglected girls' basic rights to education,  and still often turns a blind eye to questions of domestic violence, divorce, repudiation and exploitation.

We have spoken to many men, but unfortunately to very few women.

But these are all just impressions based on what we have seen, and learnt from the incredibly widely read (free ?) press.

Now we're in wealthy, underpopulated Oman, which has to bring in waves of migrant workers from India as labourers and back office workers. We spoke to a group of newly-arrived 'office boys' who have a two year contract which will feed the families they've left behind.

In clean, uncongested modern Muscat I couldn't help remembering the noise, dirt and poverty of Mumbai. Poor old India. Can't wait to go back.






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26/11 : Mumbai - Muscat (2000 km en avion)

Dernières heures en Inde...

Auhourd'hui l'atmosphère est encore pire qu'hier : humidité, certes, mais aussi pollution à en juger par la teinte gris-bleu du nuage qui recouvre la ville... Mais nous décidons d'aller quand même nous promener et, pourquoi pas, découvrir un peu le sud de la péninsule.

En passant devant Gateway to India, grosse animation : on prépare la commémoration des attentats 'musulmans' du 26 novembre 2008 (gare de Churchgate et Hôtel Taj Mahal)...

Balade en taxi, donc, presque jusqu'au bout sud de la péninsule (Back Bay, quartier résidentiel middle class, l'extrême sud étant terrain militaire, casernes et marine), puis Marine Drive et Collaba chez nous.

En partant un peu plus tard, par Marine Drive, justement, et Chowpathi Beach, nous pouvons tout juste apercevoir le nouveau Mumbai de l'autre côté de la baie, mélange de deux ou trois 'tours du silence' (où les Parsi 'offrent' leurs morts aux vautours et aux corbeaux) et de bien plus nombreux gratte-ciel du business centre, qui mériteraient sans doute le surnom contraire de 'tours du bruit'... Nous traversons les quartiers de Juhu et Bandra où Guillaume (neveu philosophe et commercial) a passé 6 mois de sa dernière année à l'ESCAE, 'coincé' entre l'aéroport et l'océan.

Dernier petit encas indien dans l'aéroport (idli et paratha), et nous voilà embarqués dans le Boeing 737 d'Oman Air qui nous emmène vers Muscat (Mascate). Parmi les passagers, quelques Omanais en calotte et longue robe blanche (dishdasha, mais sans kanjar), en famille, et beaucoup d'Indiens seuls, jeunes ou moins jeunes, arrivant ou retournant en Oman pour y travailler en tant que 'migrant workers', comme dans tous les émirats du Golfe.

Après avoir acheté nos visas (12,5€ pièce) et pris livraison de notre voiture de location (pas évident de s'y remettre après 2 mois de conduite 'non conformiste' passive...), nous nous installons chez nous, c'est à dire dans une villa B&B tenue par un Allemand en bord de mer entre aéroport et Muscat. Très jolie trouvaille de Sue ! Petit tour dans le 'quartier' : l'eau de la mer d'Oman est bonne, et le snack indien tout proche nous permet de ne pas tout à fait quitter l'Inde... Mais quel contraste ! Quel contraste !

Voilà un tout petit pays (3 millions), qui a su concilier traditions autocratiques et modernisme 'éclairé' (Sultan Qaboos), avec l'aide, il est vrai, de tous les autres émirats du Golfe : privé par la nature de pétrole et de gaz, le Sultanat reçoit des autres une sorte de dotation annuelle qui lui permet d'avoir un niveau annuel de revenu individuel moyen du niveau de celui de Hong-Kong. Il faut dire que le pays possède un petit bout de lui-même très stratégiquement situé sur le Détroit d'Ormuz, sorte de Canal de Suez par où transite chaque année environ la moitié des hydrocarbures mondiaux... C'est frappant, par avion, de voir la file quasi ininterrompue de pétroliers lourdement chargés doubler le Cap d'Ormuz pour partir délivrer leur cargaison dans tous les coins de la planète.

Extinction des feux vers 11h. Nous avons rattrapé 1h30 de décalage et n'avons plus que 3h d'avance. Un ennui : le wifi ne marche pas ce soir...

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Love and marriage

It's wedding season in India ! Brass bands, bright lights, dancing and fireworks accompany the bridegroom as, in flashy traditional attire he rides his golden wreathed horse to his bride's house, with a little nephew seated in front of him, no doubt evoking the couple's future progeniture.

Charming tradition (except for those trying to sleep nearby !), but the groom's solemn expression may well hide some real misgivings.

Many, many marriages in India are still arranged, even between highly educated young professionals. In big cities, perhaps encouraged by romantic Bollywood films, 'love marriages' are becoming acceptable, but under certain conditions :

The 40 something heavy lidded cashier/manager at the Godwin Deluxe reception desk, explained in quiet tones the continuing need to find a wife from one's caste or better still clan, in order to guarantee the success of the marriage. For many young people in Delhi however, this does not mean an arranged marriage. The two will meet, then present their chosen one to their parents for approval. Then follows a period of weeks, months or years, during which the couple wait. If they go against their parents' wishes, they lose everything... It usually works out. This makes for stronger marriages, he told us, as the whole clan is supporting the couple.

Traditionally bride and groom only catch sight of each other on the day itself :

Pawan, an 18 year old hangabout charmer who joined us for a chat on our quiet evening walk around Pushkar lake explained his situation. "I'm already married !" he said, but I don't know if she likes me, she's just a schoolgirl..." The two families had organised it all and taken them through the first stages, but the couple won't live together for a number of years. They aren't getting to know each other much as she only speaks Rajasthani to his Hindi. And anyway, most of the time he's away in town honing his other linguistic skills chatting up pretty backpackers...

Divyu, 24, another charmer, but this time a political science graduate, has a lot of people organising his future. His paternal uncle, acting head of the family while his brother is out campaigning for his seat in local government, explained as they ate their supper at the next table (fortunately in the absence of D).

They are all Rajputs, members of the ruling class, landowners. This particular family owns among other places, a historic hotel on the shores of the lake in Udaipur, in which the three-generation family also live.

Divyu, as the male heir, is already running the place, welcoming guests day and night in his excellent English. "No time off !" he answered to my question, "This is my home..."

And yet he was occasionally to be found laughing with a friend on his mobile, and if a group of pretty Indian girls came in to see the sunset view he'd be quick to offer them a drink.

The uncle and mother are actively searching for a suitable girl (before it's too late ?). "It would take just one slip and everything would be ruined" said Uncle (Mother smiled and nodded throughout but did not feel it her place to speak....). The whole clan is aware of the situation and will be making suggestions. "We need a girl from a similar family, who is willing to live in the house in the village (old mansion being done up for D) and also here in the hotel. A girl who is more intelligent than him..." "To help run the hotel ?" "No, to run the family...  But Divyu and she will meet before the marriage..."

Maybe the family will have recourse to the small ads we saw in the Sunday papers. 'SM4 (suitable match / seeking marriage for ?) handsome, fair MBA 28/09/1980 in Delhi. 4.5 LPA (salary). Prefer professional convent educated girl.' The ads are classified by bride/groom, religion, caste and sub-caste. The date and place of birth will be useful for the all-important horoscope, which will have the final say. Salary, qualifications, skin colour, even height all subtly narrow down the field. Convent educated girls are surprisingly popular with Hindu and even Muslim parents (good manners ? virginity ?) Dowry (illegal since 1961) is not mentioned but apparently still frequent, and a cause
of much domestic violence.

An unusual case :

Dinesh met Dutch born Francine when she came out on holiday 15 years ago. After 9 years of visits they decided to marry. "We wanted to be sure." Even more complicated a situation ! They now run a guesthouse and organise popular horse safaris.

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26 novembre 2013

25/11 : Mumbai

Alors, pour ceux qui se demandent encore ce qu'est le YWCA, voici de quoi il s'agit. Les YMCA et YWCA sont aux Anglo-Etatsuniens ce que les foyers Léo Lagrange ou les Auberges de Jeunesse sont pour les Français : des associations (A) destinées à accueillir les jeunes gens (YM) ou les jeunes filles (YW), avec une différence : le C de chrétien. Ces assos continuent de marcher très fort dans certains coins de la planète, comme par exemple le YMCA de New York, ou le YWCA de Mumbai.

Ce n'est pas l'hôtel le moins cher de Mumbai, loin s'en faut (40€), mais ce prix comprend dîner et petit dej ! En outre il est d'une organisation, d'un accueil, d'une propreté et d'une qualité de service exemplaires : personnel souriant en veste blanche (pourboire interdit, 10% sont intégrés au prix), journaux du matin au pied de la porte, etc. Ouvert à tous, jeunes ou pas, femmes ou pas, chrétiens ou pas, sa devise est "By love, serve one another". Enfin, il est situé en plein centre historico-colonial de cette énorme ville, encore une, de près de 20 millions d'habitants. Donc, une sacrée trouvaille de la Sue-Sue. Encore une. La dernière ?

A la surprise générale il a plu hier soir à Mumbai, assez fort, juste avant notre arrivée. Et, conséquence, ce matin il fait 'froid' (26C...), mais surtout très très très humide. Lourd comme on dit chez nous. C'est à dire collant. Je ne vous refais pas le coup de la chanson, mais enfin ça s'appliquerait très bien : on colle 'de partout'. Surtout, pour moi, en jeans. Parce que, depuis mon historique succès au Red Fort de Delhi (...), je couvre mes jambes, en partie par respect pour les Indiens, et en partie parce que, quand je suis en pantalon, je mets aussi mes chaussures fermées et que, par les temps qui courent, des chaussures fermées ça rend les pieds moins...vulnérables. Tout ça bien sur sauf aujourd'hui où j'ai eu la bonne idée de me remettre en bermudas et en sandales...

Autre digression sur les noms des villes (salut à Marcel P.....) et leurs transformations dans les langues étrangères. Il y a des exemples célèbres de traduction idiote, comme par exemple Londres pour London, Munich (ou, pour les Italiens, Monaco !) pour München. Pour Mumbai, nom officiel indien récent pour Bombay, c'est plus compliqué. En effet le nom originel est un nom portugais : Bom Bahia, la bonne baie. Donc, là, ce sont les nationaux eux mêmes qui ont déformé le nom historique de leur ville, de Bombay en Mumbai...

Toujours est-il que nous nous faisons un joli petit circuit d'environ 4 h à pied :
- tout près de chez nous la fameuse arche Gateway to India, qu'on ne peut prendre en photo que depuis la mer tellement elle est collée sur le rivage, et, pas de chance, le lundi, pas de bateaux pour une promenade ;
- le Maidan de Bombay, ou grande esplanade de verdure où l'on joue beaucoup au cricket, qui va nord-sud de chez nous jusqu'à la gare de Churchgate ;
- la grande promenade de front de mer, Marine Drive, dont les beaux points de vue sont aujourd'hui très bouchés par l'humidité de l'atmosphère, et qui dit humi...
- la gare de Churchgate, où nous assistons à l'étrange ballet des dabbawallahs, consistant à apporter, le plus souvent par train, des gamelles de repas individuels numérotées qui vont ensuite être regroupées par destination, tout ça parce qu'il est impossible de manger de la nourriture préparée par quelqu'un d'autre que sa femme...
- l'autre grande gare, Victoria Station, qui a des allures de château de Walt Disney tellement elle est rococo ;
- la maison, en teck et presque recouverte par la végétation, où Rudyard Kipling a vécu et écrit pas mal de ses oeuvres ;
- le grand bazar, au propre et au figuré, de Crawford Market, où il est vraiment difficile de marcher tellement la foule est dense...
- re Churchgate où nous cassons une petite graine (de riz) avant de rentrer faire un brin de sieste.

Vers 19h, nous ressortons pour aller encore une fois au cinéma revoir une production Bollywood, mais la première heure seulement (sur trois) car nous avons rendez-vous avec le 'dîner compris'. Mes amis, quel festin ce 'dîner compris' ! Ah, qu'elle va nous paraître fade notre tambouille tarbaise !

Un dernier petit détail sur Mumbai : les touk-touks ou auto-rickshaws y sont interdits au centre ville car jugés trop polluants. Résultat appréciable : on arrive presque à marcher normalement dans les rues. Presque, car les feux rouges n'arrêtent que les gens qui ne sont pas trop pressés... Les autres ne s'en préoccupent absolument pas, sous le nez et la moustache de quelques flics dépassés et désabusés...


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25 novembre 2013

24/11 : Udaipur - Mumbai (700 km en avion)

Encore une super nuit calme. Formid.

Hier soir, nous avons eu, en dînant d'un thali sur la merveilleuse terrasse de l'hôtel, une conversation passionnante avec l'oncle de Deviu. Installé à la table à côté de la nôtre avec sa mère et sa belle soeur (son frère, le père de D, étant retenu en campagne électorale), il nous a d'abord montré des photos du 'chateau' qu'ils sont en train de retaper pour D dans leur village de Kankarwa. Et puis, tout naturellement, la conversation a tourné autour du futur mariage de D, ou plus exactement autour de la recherche d'une 'suitable girl'. Même caste obligatoire, niveau d'études, horoscope très important, montant de la dot (pas le principal critère, selon l'oncle), recherche dans la communauté mais aussi dans les journaux (pages spéciale d'annonces) et même depuis peu sur internet. Un boulot considérable, mais auquel ne participent absolument pas les intéressés. L'idée est que, si le mariage ne marche pas, les deux familles en entier sont responsables. Pendant toute la conversation, pas un seul mot des deux femmes, mais de nombreux hochements de tête pour ponctuer le discours très catégorique de l'oncle.

Ce matin, nous décidons de faire un dernier grand tour de ville, mais par le sud et l'est. Nous passons notamment par l'hôtel Khoumba, celui tenu par Francine, l'épouse de Dinesh Jain. C'est un petit coin étonnant de calme et de verdure sous les murs du City Palace ; ekle n'est pas là, mais nous y goûtons un 'masala tea' de derrière les fagots (ou plutôt les bouses séchées...) : thé noir, lait, gingembre, cardamome, cannelle et deux grains de poivre, une merveille.

Et puis, pour déjeuner, nous poussons jusque chez Natraj (merci Sue et son guide), un restaurant 100% authentique où nous sommes les seuls 'nons'. Ici, ça ne rigole pas : plat unique, le thali, servi comme il se doit dans une grande écuelle en laiton avec ses 4 ou 5 petits bols itou, et resservi à satiété par les serveurs, au prix unique de 110 roupies, soit 1,3 €...

Sur le chemin du retour, assis sur un banc du 'parc' du Town Hall, rencontré un étonnant personnage, mi-clochard mi-intello, qui après nous avoir interrogés sur le sens du mot 'pragmatisme' (utilisé dans un article de journal à propos du boudhisme...), nous a 'proposé' de lui donner 100 roupies, ce que nous avons fait sans discuter tant la démarche nous semblait alambiquée, et donc méritante, et le coût minime (1,3 €)...

Et puis taxi jusqu'à l'aéroport, qui est à 30 km pour sortir des collines qui entourent Udaipur, décollage à 21h, atterrissage à Mumbai 1h plus tard, taxi 'pré-payé' jusqu'à la nouvelle trouvaille de Sue : le YWCA, dodo vers 1h du mat.

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